Historien et membre du comité de rédaction du Flambeau, Enrico Tognan nous offre une ballade au sein du hameau de Planaval.Le long de la route régionale (1) qui mène vers Valgrisenche et à quelques centaines de mètres des limites de la même commune, il y a le chemin qui monte à Planaval, ultime hameau d’Arvier. Le nom de ce village, bel exemple d’urbanisme à la valdôtaine, est tout à fait approprié, car il est placé dans une combe plaine et harmonieuse. L’agglomération est composée par le hameau de Chez-les-Roset, distant d’environ 150 m du centre principal et de Chez-les-Gex, portion intégrante de Planaval. Un hôtel, avec un café et une chapelle, sont les seuls établissements publics du village. A côté de la bourgade, impétueux et sauvage, descend le torrent homonyme. Il naît des glaciers du Ruitor et, après avoir traversé tout le vallon qui surmonte Planaval – un bassin qui mérite, pour sa grande beauté, d’être visité –, se jette, en formant de belles cascades, dans la Doire de Valgrisenche. Il paraît aussi qu’il est poissonneux, mais, comme l’on n’appartient pas au parti des pêcheurs, l’on ne peut pas certifier cette affirmation. La campagne de Planaval, dont l’altitude dépasse abondamment 1500 mètres, est, elle aussi, très belle. L’harmonie des cultures règne en souverain ; les prairies, jaunâtres après le fauchage, sont entrecoupées par les champs de pommes de terre – des véritables tapis verts – et par les jardins potagers, multicolores. D’après le chanoine Ambroise Roux, ce « petit plateau est très fertile : il produit toutes sortes de céréales ; ses choux sont spécialement renommés » (2). Ceci, en 1908, car aujourd’hui il ne reste que les prairies et les pommes de terre. Ce qui n’empêche pas, en tout état de cause, que le coup d’œil général soit spectaculaire. En amont, le village est protégé par un bois noir. En face, au-delà de la route régionale, sur le versant de l’envers, il y a la masse verdoyante des bois Les Crêtes, de la Bouasse et de la « consorterie » de Borègne. D’ailleurs, la beauté des lieux n’est pas une nouveauté ; Louis Vescoz écrivait, en 1870, que « le village de ce nom mérite un coup d’œil. Coquettement assis au sein d’un riant plateau, arrosé de mille ruisseaux qui descendent en cascades des glaciers… ce village présente au mois de juin et de juillet un spectacle aussi charmant que rare. Les eaux et le climat y sont doux » (3).
(1) Cette route est un petit chef d’œuvre d’ingénierie, car elle gagne, sans aucune difficulté, une des vallées les plus étroites et « difficiles » de notre Pays ; aujourd’hui l’on voyage sans problème, mais il y a quelques temps, monter à Valgrisenche représentait une aventure. D’ailleurs, « à Valgrisenche on ne va ni par mer ni par terre, mais par rocs et par pierres ». Cf L. VESCOZ, Géographie du Pays d’Aoste, Rééd. Aoste, 1995, p. 270.
(2) A. ROUX, Planaval. Aperçus historiques, Aoste, 1908.
(3) L. VESCOZ, op. cit., page 270.
En complément de cette invitation d'Enrico Tognan, le rédacteur en chef du Bulletin de l’Union valdôtaine de Paris, Didier Bourg vous propose de découvrir le hameau de Baulin, au-dessus des villages de Planaval et La Clusaz. En effet, si vous montez à Planaval, profitez-en pour poursuivre sur La Clusaz et Baulin. Ce dernier hameau, quasi inhabité, a conservé ses activités rurales et offre une vue splendide sur toute la vallée centrale. Attention, il y fait toujours un peu frais. On y trouve même de la glace en plein été au pied d’une grotte. Les plus courageux pourront accéder à Baulin à pied depuis le village de Leverogne.
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